mardi 13 décembre 2011

Tablettes iPad et Samsung Android, quelles différences à l'usage

J'ai utilisé de manière intensive les deux tablettes iPad et Samsung Androïd au cours des mois passés, voici donc un petit retour sur l'usage quotidien des deux appareils.

Au delà des gadgets que sont les appareils photos, GPS, extensions de carte USB, ports, … j'ai ici analysé l'usage que l'on fait des systèmes, de l'ergonomie des OS, bref : l'expérience utilisateur.

Pour le look, le confort, l'intuitivité, il n'y a pas photo, l'iPad n'a pas d'équivalent. Il peut vraiment être employé de 7 à 77 ans. Les actions et les fonctions réagissent comme on l'entend, et immédiatement. L'Application Store est clair, riche et bien fourni. Toutes les applications utiles sont disponibles : jeux, loisirs, presse, finance, bureautique, ...

Alors, quels seraient les atouts d'un système Androïd ? Ne fait-il que copier (mal) les fonctions d'un iPad ? 

Mais pourquoi un tel succès, au delà du nombre d'acteurs proposant des tablettes sous cet OS ?

Voici donc mon retour suite à l'usage d'une tablette Samsung sous Android.

Pour la fluidité des actions, cela fonctionne bien sous une bonne tablette (Samsung) équipée de processeur et chipset vidéo corrects (moins bien, forcément, sur une entrée de gamme).

Certes, l'interface, les applications sont moins finies, moins stylées, … une version Androïd est soit équivalente, soit moins bien sur iPad.... elle est très, très rarement mieux faite. Ou alors c'est une application exclusive de Google.

Sous Androïd, ce qui surprend, c'est surtout l'aspect multitâches. On peut lancer plusieurs applications en même temps. C'est intéressant pour télécharger plusieurs applications tout en faisant autre chose. Mais ensuite, il faut pouvoir s'en souvenir, basculer de l'une à l'autre, reprendre ou arrêter l'une d'elles. Et là, on accède à des notions de processus en tâche de fond, que l'on doit retrouver et tuer car certains prennent du processeur sans action visible. C'est un aspect système caché, donc ce n'est pas naturel et intuitif, notamment pour les enfants ou les plus âgés. Surtout quand ces applications en tâches de fond émettent des avertissements sonores, le chemin pour les retrouver et les arrêter n'est pas évident.

Notons également qu'une application qui plante sous iOS le fait discrètement, proprement, sans bruit. Sous Android, le message d'erreur est plus cabalistique "à la Windows", avec possibilité de transférer les infos du plantage vers l'éditeur.

Forcément, sur une tablette, on utilise vite l'Application Store, sous Androïd, c'est l'Androïd Market.

Et là, je dois dire que j'ai été surpris... celui d'Androïd est plus « efficace » que celui d'Apple.

Au lieu d'accéder à une application, puis voir sa fiche, puis voir les avis, puis la télécharger.... Sous Androïd, on accède (plus rapidement) à la liste des applications recherchées. En cliquant sur une application, on accède à UNE fiche regroupant le titre de l'application, des copies d'écran, son résumé, sa notre (avec panel d'avis, comme les films sur Allociné) et les avis en bas.

Ajouté au fait que l'on peut lancer plusieurs actions, Android est donc plus rapide pour trouver et charger du contenu. La rubrique « promo » ou la « rubrique » l'avis de l'équipe permettent aussi de voir les sélections du moment. Le téléchargement et l'installation eux-mêmes semblent plus rapides.

En revanche, la visualisation des mises à jour à effectuer est ensuite moins visible.

Autre bémol connu, Steve Jobs avait longtemps bataillé pour éviter les applications scabreuses, pour les plus jeunes populations. Sous l'Androïd market cette limitation n'existe pas, attention aux plus jeunes qui voient une application enfantine côtoyer une application coquine.

Voilà. Ces quelques éléments de ressenti sur l'usage des deux types de tablettes est surement personnel, d'autres feront un constat différent.

Enfin bien sur, pour l'achat et l'équipement de tablettes, d'autres facteurs que l'usage entrent en jeu : comme les extensions et options matérielles et surtout le prix.

jeudi 8 décembre 2011

SAMSUNG contre APPLE, le combat de Titans


Ces dernières années Apple caracole toujours en tête des ventes de smartphones, puis de celles de tablettes. Personne ne semble pouvoir contrer la firme à la pomme. Des grands constructeurs abandonnent la lutte des tablettes face à l'iPad comme HP et sa TouchPad, DELL et sa Streak, Sharp et sa Galapagos. Même le challenger HTC n'obtient plus que des miettes sur les smartphone et chute de 30%.

Mais dans tout combat de Titans, un adversaire à sa taille émerge toujours : Joker face à Batman, Dark Vador face à Luke, Voldemort face à Harry Potter, Megatron face à Optimus Prime, Karpov face à Kaspararov, Charles Bronson face à Henri Fonda, etc….

Apple a trouvé dans le Coréen Samsung un adversaire à sa taille. Un adversaire qui vient (c'est une première) de gagner le dernier comparatif des tablettes pour Noël de 50 millions de consommateurs avec une note de 16/20 attribuée au dernier Galaxy Tab, contre 15/20 pour le (parfait) iPad 2.

Les deux ennemis ferraillent dans une guerre mondiale des brevets, pays par pays. Dans cette bataille Apple tente de bloquer ou freiner les sorties de smartphone et tablettes Galaxy, Samsung tente de bloquer les sorties de nouveaux iPhone / iPad. Tous les coups sont permis, même les plus absurdes comme Apple qui se déclare inventeur des produits «rectangulaires aux coins uniformément arrondis  » (nos ardoises de grand-mère l'étaient déjà, pourtant).

Par ailleurs, comme tout combat de géant, pendant la guerre, le business commun existe et continue. 
Les produits Apple ont intégré pour 8 milliards de $ de composants Samsung l'année passée. Apple a vendu 25 millions d'iPod, iPhone, iPad utilisant des technologies Samsung.

Les deux géants se retrouvent aujourd'hui au coude à coude sur les smartphones, aux US Apple iPhone 19% du marché, Samsung : 13%.

Et bien sur, comme tout super-vilain Samsung s'est allié à l'ennemi juré d'Apple : Google, qui « motorise » les appareils Samsung avec Android.
Un Google qui fait du Coréen son bras « hardware » armé face à la guerre contre Apple. Un Google ayant de plus acquis les 17 000 brevets de Motorola pour 12,5 milliards de $.

Bref, Apple et Google : deux entreprises américaines de San Fransisco, dont les sièges sont distants de 10Kms et ¼ d'heure, qui se livrent un combat mondial via le géant Coréen interposé.

Fin 2012, Microsoft renforcé des brevets de Nokia et armé de ses Windows Phone + Windows 8 Métro (PC et tablettes) tentera de rentrer lui aussi dans ce combat de Titans, mais il aura alors les deux acteurs leaders « hardware » des smartphones et tablettes contre-lui, plus bien sur Google en prime.

Cela s'avère déjà rude.

mardi 6 décembre 2011

Les PC de la dernière chance : les Ultrabooks


Intel est ses constructeurs affiliés tentent un dernier plan pour booster les ventes de PC face au tsunami des tablettes, ce plan se base sur un nouveau concept : les Ultrabooks.

Il est d’autant plus urgent de lancer ce plan que les ventes de netbooks s’effondrent, que celles des portables baissent et qu’arrivent bientôt de nouveaux portables « low-costs » sous processeurs ARM, non Intel.

Tous les constructeurs ont suivi Intel dans le plan « Ultrabook », avec quelques aides à la clé. Des modèles d’ultrabook sortent chez HP, Lenovo, Acer, Asus, Toshiba, Samsung, bientôt Dell.

Ces ultrabook partagent tous certaines caractéristiques, celles qui ont fait le succès du Mac Book Air :
  • Design ultrafin : 18 à 21mm (contre 20 à 30mm pour un portable classique)
  • Légèreté : 1 à 1,5 Kg (contre 2 Kg pour un portable classique)
  • Plus de disque dur ou de DVD-Rom, mais un disque SSD (un composant mémoire) silencieux
  • Démarrage et sortie de veille très rapides : 2 secondes
  • Processeurs Core de 2ème génération et 3ème avec le fameux Ivy, consommant jusqu’à 40% de moins, plus de ventilateur bruyant
  • Grande autonomie sur batterie, de 5 à 8 heures en marche, 30 jours en veille
  • Sécurisation par mot de passe avec condamnation distante en 3G (comme les smartphones)

Bref, tous ces atouts ont pour but de contrer les tablettes sur la simplicité, la légèreté, l’usage rapide. D'après certains, les ultrabooks pourraient représenter 45% du marché PC dans 4 ans, contre 2% cette année, 13% dans 1 an, 28% dans 2 ans. Idéalement, Intel espère basculer 40% des portables actuels vers des ultrabooks en 1 an seulement, c'est dire la vague attendue.

L’idée « pompée » sur le succès d'Apple avec le Mac Book Air (présenté par Steve JOBS il y a quand même près de... 4 ans) n’était pas mauvaise. Seulement voilà, depuis le lancement des Ultrabooks cet été, c’est déjà un demi-flop.

Quelles en sont les causes ?

1/ Le prix trop élevé. On préfère acheter un Mac Book Air original à 900$ ou un PC portable à 2 fois moins cher, voir un netbook à 3 fois moins.

2/ La rareté des disques SSD fabriqués au Japon puis en Thaïlande tous deux inondés en 2011. Ce qui a ralentit la disponibilité des ultrabooks sur le marché.

3/ L’offre devenant pléthorique (tout le monde s’y met, une annonce par semaine). D'où réflexion en attendant le meilleur matériel, au meilleur cout pour ne pas surpayer l’appareil.

Du coup, les prix initiaux de 1200$ baissent déjà pour Noël à 900$, descendront à 800$ en 2012, et à 700, voir 600$ en 2013 (si le volume escompté est au rendez-vous).

Alors, fausse bonne idée d’Intel le Plan Ultrabook ? Un champ du cygne du PC ? Nous le saurons dès 2012.

jeudi 1 décembre 2011

Guerre des tablettes, comment Microsoft peut paradoxalement contre-attaquer… et gagner, fin 2012


En cette fin d'année 2011, Microsoft semble avoir été mis au tapis en ayant raté l'explosion du marché des tablettes. 

Mais fin 2012, Microsoft pourrait paradoxalement gagner le match et remporter la mise, comme lors d'élections où le favori des sondages à une époque, s'use sous les coups, puis se retrouve dépassé et doublé près de l'arrivée (Le vieil adage du lièvre et de la tortue).

Comment ce scénario serait-il possible ? Voici les atouts de Microsoft.... et les boulets de la concurrence :


1/ La guerre fratricide des acteurs Androïd

Actuellement, tout constructeur high-tech qui se respecte sort sa tablette. Il le fait sur un marché déjà saturé. Les appareils ne se différencient pas, les prix chutent déjà vertigineusement (- 40%).

Seuls quelques-uns vont survivre à cette épreuve. Ces survivants seront :
  • ceux qui gardent des prix et des marges élevés (Apple)
  • ceux qui sont constructeurs de smartphones à succès (Samsung et Apple)
  • ceux qui gagnent de l'argent sur le contenu (Amazon et Apple).
On a déjà vu le mouvement avec HP jetant l’éponge de manière spectaculaire, tous les autres que sont RIM, HTC, LG, Dell, IBM, Motorola, Toshiba, Acer, Asus, Sony, …vont souffrir en 2012.
Fin 2012, lors de la sortie des tablettes Windows 8, bien peu seront encore en état de combattre.
Ils auront déjà été usés sur le marché Androïd hyper-concurrentiel qui ne rapporte rien, et avec la forteresse imprenable Apple en frontal.


2/ Un marché Androïd qui n'apporte pas de revenus

Les constructeurs et intégrateurs de tablettes proposent un OS Androïd certes gratuit, mais qui ne se différencie pas et surtout ne leur apporte pas de revenus.
Sans un « Application-Store maison », sans une « suite Google » packagée avec Androïd et bien rémunérée qui serait proposée en standard, ce ne sont pas les marges très faibles des matériels construits en Chine qui les font vivre. Peu d'acteurs gagneront de l'argent sur des tablettes servant au surf, surtout sans contenu à vendre dessus, et surtout si les prix sont de plus en plus tirés vers le bas.


3/ Pouvoir créer, au-delà de converser et consulter

Force est de constater que même si l'on dispose d’une tablette Androïd survitaminée ou même d’un iPad, on se retrouve vite limité en création de contenu. On emploie toujours un PC pour écrire et imprimer un texte formaté, pour construire un slide-show, pour retoucher une image ou un film, pour créer un site web ou un blog, pour gérer des données dans un tableur ou une base de données … Bref, faute d'outil locaux sur les tablettes, faute d'outils Cloud distants agiles et interactifs, les tablettes servent aujourd'hui essentiellement à converser, à consulter, non à créer.

Or si ces tablettes iPad ou Androïd veulent largement et durablement percer en entreprise, et entamer le marché du PC, elles devront couvrir plus d’usages que la simple conversation ou consultation. Sinon, elles seront contrées sur ces usages (en parts de marché) par les portables qui survivront majoritairement sous Windows 7 ou 8... et par l’arrivée de tablettes Windows 8 (on y vient) autorisant, elles, plus de création de contenu.


4/ Un Google qui perd l'opportunité d'imposer ses applications sur les tablettes

Google aurait pu tenter un coup de poker en proposant aux constructeurs des packs Androïd + une Google « Suite » à un prix cassé. Une plateforme « de rupture » permettant la consultation ET la création dans un remake PC Intel + Windows + Office.
Mais non, Google a perdu du temps avec ses ChromeBooks sous ChromeOS couplés à GoogleApps/Docs sur le Cloud, des appareils conçus pour contrer le PC…mais éloigné de l’OS vedette Androïd (et de son Application-Market). Un Androïd qui au même moment explosait tous les records et se répandait sur la planète comme rarement un OS ne l'avait fait avant lui.
Au lieu d’un remake de Windows par Google, on a eu droit à un mauvais remake d'OS/2.


5/ Un délai pour bénéficier des avancées technologiques et d'un retour en terme d'usage

Fin 2012, 1 an ½ de tablettes auront fait évoluer les technologies (écran, batteries, chipsets vidéo, stockage, ….). Microsoft bénéficiera alors qu'une deuxième génération de tablettes qui pointera juste le bout de son nez. S'appuyer sur cette nouvelle génération de tablettes pour une contre-attaque sera judicieux.
Durant ce délai, il y aura des utilisateurs déçus d'Androïd. Or, on le sait, le marché des tablettes est comme celui des smartphones : très volatil. Les cycles de remplacement sont deux à trois fois plus courts que celui des PCs.
Enfin, ce délai d'un an peut permettre à Microsoft d'étudier finement les usages afin de peaufiner son interface Métro pour Windows 8, et ainsi mieux l'adapter aux usages particulier des utilisateurs de tablettes.


6/ Des moyens considérables permettant de tenir une guerre

L'éditeur de Redmond tire encore une manne énorme de son parc mondial de PC (Windows + Office), en essor dans les pays émergents et de moins en moins piraté. C'est aujourd'hui le seul acteur du marché qui ne se soit pas encore lancé dans la guerre des tablettes. Il peut encore investir sur ce marché des moyens énormes, et en diriger vers les constructeurs, potentiellement déçus d'Android, ses partenaires intégrateurs, ses clients. On le sait, Microsoft peut « tenir » longtemps en challenger sur un marché en perdant de l'argent, puis finir par s'imposer petit à petit. Deux exemples : Ms Exchange face à Lotus Notes, il aura fallu presque 7-8 ans pour rattraper et dépasser le leader des messageries collaboratives. Ou encore la console X-Box que peu de personnes voyaient gagnante au départ face au maître Sony, et son dauphin Nintendo.


6/ Un large éco-système fidèle qui n'aura pas quitté Microsoft (surtout en temps de crise)

Point le plus important, Le très large éco-système Microsoft ne l'aura pas quitté d’un iota fin 2012, notamment en pleine période de crise. Cet éco-système d’éditeurs, de VARs, de SSII vit (bien) des nombreux revenus générés par les infrastructures, les licences, les services de conseil, d’intégration, de développement autour des technologies Microsoft.

Microsoft garde donc cette force de frappe business auprès des entreprises en étant épaulé par ses armées d' « affiliés Microsoft » dans le monde. Cet éco-système ne bougera que lorsqu'il existera d’autres revenus potentiels sur le marché des entreprises. Vendre des tablettes ou consulter du Web n'est aujourd’hui encore vu que comme une lubie du grand public, liée à la mode de l'iPhone, de l’iPod ou de l’iPad. Elle est très peu implantée dans le business des entreprises.

Ce large éco-système Microsoft privilégiera toujours la solution qui lui assurera avenir, revenus et pérennité, une solution de compromis qui ne révolutionne pas TOUS les modèles en même temps, préserve l'acquis, les compétences, les marges, … et la clientèle. Des tablettes Windows 8 apporteront exactement cette réponse en fin 2012. Elles s’intégreront parfaitement au SI des entreprises, seront une extension de leurs parcs, de leurs systèmes, de leurs applications.

* * *

Bref, Microsoft regarde aujourd’hui de loin la bataille des tablettes qui fait rage, compte déjà les morts et pourrait donc fondre dans un an sur les combattants affaiblis pour ré-établir sa loi, celle de la raison.

Ce scénario pourra d’autant plus devenir plausible si, fin 2012, les smartphones Windows ont commencé à percer avec l’appui de Nokia. Ils pourraient alors avoir aidé à démocratiser la nouvelle interface utilisateur Métro « à tuiles ». Une interface qui se présenterait alors comme l'une des rares alternative moderne à celles d’iOS et Android qui sont, elles, relativement semblables.

mardi 29 novembre 2011

La guerre des nains Linux : destitution du roi Ubuntu et sacre de Mint, quelles conséquences


En 2005, le roi des Linux était Ubuntu, de Canonical (avec ses 11% de pdm). Il régnait alors sans faille sur des prétendants ne lui arrivant qu'à la cheville avec 0 à 5% de pdm.

En cette fin 2011, Ubuntu est renvoyé au bas de tableau derrière ses concurrents. Depuis un an, le nouveau maitre incontesté est Mint (inconnu en 2005). Les distributions Fedora, Debian et SUSE se partageant toujours le reste des miettes du gateau.

Quel est la raison de ce rapide coup d'état de Mint et cette destitution d'Ubuntu ?

Elle est à la mesure du « marché » Linux : Ubuntu croyait devenir grand public en proposant une interface originale et moderne : Unity, laquelle a fait un flop.
Ubuntu aura peut être oublié la communauté Linux qui (comme le parti des verts :-) préfèrent une assemblée fermée de nains hétéroclites gardiens du temple et du dogme, .... plutôt que l'accès au pouvoir, au rang d'acteur de masse sur les postes de travail grand public, mais un plan lancé par un seul.
D'autant que Unity n'était pas exempt de défauts (outils orientés utilisateur « développeur », lenteur de parution des mises à jours, perte de données lors de celles-ci, …).
Mint en a profité et s'est donc imposé, en proposant à sa petite communauté de fidèles une belle interface Gnome bien orthodoxe et même disponible sous 3 versions : v2, v3 ou version "maison".

En plébiscitant Mint, les orthodoxes du monde Linux ont privilégié la tradition à l'innovation, en fermant sans doute définitivement l'accès grand public à l'OS Linux.

Mais qui s'en soucie vraiment ? En tout cas, ce n'est plus Microsoft, car Steve Ballmer a récemment rayé officiellement Linux de la liste des grands satans à combattre. Une liste où figurent Google, Apple, … lesquels proposent terminaux de masse très diversifiés, solutions de mobilité, usage grand public et entreprise... et surtout solutions Cloud, donnant ApplicationStore, abonnements et revenus récurrents pour des années.

Par ailleurs, le monde des smartphones et des tablettes a, quant à lui, explosé. Il est certes dominé par des descendants d'Unix (iOS ou Android)... mais ce ne sont pas des Linux, loin de là.

Cette histoire nous donne plusieurs enseignements :

Linux tel qu'on le connait était destiné au PC... Or, le PC lui même vacille, un OS n'ayant que peu de miettes de PDM sur cette plateforme a encore moins d'avenir.

Unix a pour autant encore de l'avenir sur les serveurs de services ou d'application. Également sur les multiples nouveaux terminaux mobiles dont les petits OS tactiles sont ses vrais descendants.

Enfin, l'échec d'Ubuntu avec Unity doit faire réfléchir Microsoft ! 
En effet, Windows sort en 2012 une interface innovante et remaniée : Windows 8 Metro avec ses tuiles. Windows sera proposé à un public orthodoxe, habitué à un look & feel aux règles bien établies depuis 20 ans.... cela comporte, on le voit, un réel risque de rejet auprès des utilisateurs, avec pertes de marché à la clé.
Et là, Microsoft n'a pas de « plan B » à Windows 8 et Métro pour l'avenir de Windows sur un poste client modernisé et élargi.

jeudi 24 novembre 2011

Ma rencontre avec Sam TRAMIEL ou Quand la firme de jeux ATARI voulu combattre.... NeXT et Steve JOBS


Jack TRAMIEL, le père de Sam TRAMIEL, est né en Pologne en 1928. Enfant pendant la guerre, il fut transféré de son ghetto au camp d'Auschwitz, puis dans un camp de travail où son propre père trouva la mort.


En 1947, Jack TRAMIEL migre aux Etats-Unis et s'oriente vers les machines à écrire, les calculatrices naissantes puis l'informatique.
Dans les années 50 il fonde Commodore puis les puces MOS, le processeur low-cost qui démocratisera le jeu « Pong ».

Début des années 80, il crée le Commodore VIC-20 puis le Commodore 64 à l'énorme succès du à ses performances avancées et à son prix réduit.
Jack TRAMIEL rachète alors en 1984 la société ATARI à la Warner et y entraine ses anciens collaborateurs de Commodore (lesquels rachetèrent Amiga, en réaction).

Jack place alors aux avant postes d'ATARI ses fils, Garry et Sam.

Au milieu des années 80, son fils Sam TRAMIEL devient président d'ATARI.

ATARI dont le slogan est « the power without the price » crée alors le célèbre ATARI ST, dont les initiales "ST" s'entendent pour Sixteen/Thirty-two en référence à l'architecture 16/32 bits... mais qui sont aussi les initiales de Sam TRAMIEL.

L'ATARI ST est une sorte d' « Apple Macintosh du pauvre » avec son interface GEM aux icônes et souris, ses outils bureautiques, ses imprimantes Laser, ... bien avant le PC Windows (des journaux comme Libération l'emploient, des Centres de Recherche également). Jean-Michel JARRE l'emploie aussi lors de ses mégas concerts planétaires, pour ses interfaces midi commandant les claviers.

C'est aussi bien entendu un premier micro-ordinateur domestique, conçu pour les jeux sur écran ou sur TV.

A la fin des années 80, j'œuvre alors pour Non Standard Logics, société Parisienne d'ingénierie Unix – X/Windows, ayant conçu un shell icônique, un interface builder, sous l'impulsion de son dirigeant Ion FILOTTI (prof de Berkeley et maitre de conférences au Labo de Recherche en Informatique d'Orsay).

Nous vendons alors aussi des Macintosh, des ATARI ST et Mega ST aux grandes entreprises.

Et c'est alors l'événement : NSL et ATARI signent un accord pour porter les outils graphiques Unix de NSL sur le prochain ATARI TT (32 / 32 bits), le successeur surpuissant de l'ATARI ST.

L'objectif (fou) est d'en faire une sorte de « station NeXT du pauvre », contrant la machine NeXT alors désigné comme successeur du Mac, récemment créé par Steve JOBS et impressionnant le monde.

Une collaboration de 2 ans s'installe alors entre les développeurs de la R&D d'ATARI Corp aux USA et NSL en France.
Lors d'une édition d'un salon Convention Unix vers 1990, la machine est présentée en avant-première. Le président d'ATARI Sam TRAMIEL est venu et nous lui faisons une démonstration sur notre stand.

Mais le projet ne débouchera malheureusement jamais sur le marché, malgré les lourds investissements. Dès le début des années 90, ATARI se replie plus sagement sur les jeux vidéos alors que NeXT s'effondre et que le PC Windows décolle.

Pour ATARI, ce fut ensuite la sortie des consoles Lynx (tentant de contrer la GameBoy de Nintendo), puis la Jaguar déjà équipée de 64 bits.

En 1995, Sam TRAMIEL décède d'une attaque cardiaque obligeant son père à reprendre l'entreprise ATARI moribonde.

Elle est alors vendue a Hasbro, puis à Infogrammes qui a alors repris le nom d'ATARI.

Jack TRAMIEL père, lui, vit à 83 ans et vit toujours en Californie.

mercredi 23 novembre 2011

Tout être humain n'est séparé de vous que par 5 amis

En 1929, l'écrivain Hongrois Frigyes Karinthy (fan de Jules Verne) avait bâti une théorie surprenante sur le fait qu'il n'existait que 6 degrés de « lien de connaissance » (5 amis) séparant chaque humain d'un autre sur la planète.

En 1967, le psychologue américain Stanley Milgram avait démontré cette théorie sur un groupe de test de 300 personnes dans sa « théorie du petit monde ».

La théorie des 6 liens fut ensuite popularisée en 1990 par la pièce de John Guare « six degrees of separation » adaptée en film (avec Will Smith).

En 2008, une première analyse de Microsoft en démontra la réalité sur 300 millions d'utilisateurs MSN.

Une nouvelle étude a été conduite récemment par Facebook et l'Université de Milan sur les contacts déclarés dans Facebook (700 millions d'inscrits au réseau social, soit 10% des humains). Elle démontre que le nombre moyen de relations diminue d'années en années.

Le nombre de niveau entre les individus est aujourd'hui descendu à moins de 5 degrés (4,74), pour 92% des connectés. Pour les utilisateurs d'un seul pays, la moyenne peut même tomber à 3.

Cette analyse montre que les réseaux sociaux réduisent les intermédiaires en aidant les humains à nouer de nouveaux liens.

Mes 200 contacts professionnels « proches » de niveau 1 sous LinkedIn me lient par exemple à 2 000 000 de contacts de niveau 3.

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