jeudi 29 décembre 2011

Le Rennais Yves-François Dehéry, l’un des 4 pères fondateurs du MP3


Fin des années 80, j’ai œuvré chez Thomson R&D à Cesson Sévigné, près de Rennes. Au début des années 90 je me suis souvent rendu au CCETT juste en face. 

Le CCETT était le centre commun d’étude de télévision et télécommunication, rassemblant des compétences de France Telecom et Télédiffusion de France. Le CCETT est depuis devenu un centre de recherche FT R&D.

Le CCETT rassemblait les ingénieurs qui avaient inventés le minitel, les réseaux numériques (Transpac, Numeris). A cette époque, ils abordaient alors la télédiffusion et la télévision numérique.

Dans le cadre de ces derniers travaux, des ingénieurs étaient chargés d’étudier les nouvelles normes de compression de données, parmi eux : Yves-François Dehéry.

Cet ingénieur issu de Sup Telecom avait travaillé sur les téléphones mobiles chez FT, et œuvrait désormais dans le cadre des nouveaux standards prévus pour la télédiffusion de sons numériques visant à remplacer la FM.

Deux standards de compression s’affrontaient : l’ASPEC, développé par Thomson et l’institut de recherche Allemand Fraunhofer et Musicam, développé par le CCETT et l’IRT (Institut für Rundfunktechnik) de Munich.

Des travaux communs furent lancés dans un cadre Européen afin d’établir une norme ISO unique pour les formats de compression.

Un groupe de travail fut constitué autour de 4 meilleurs experts des organismes mentionnés ci-dessus. Le nom du groupe fut le « Moving Picture Expert Group 1 – Audio Layer 3 ». Le résultat de leurs travaux fut la définition du format connu plus tard comme MPEG 1 L III, puis MP3.

Les deux équipes ASPEC et Musicam fusionnèrent leurs expériences au sein du groupe. Ils tombèrent vite d’accord pour employer les meilleurs algorithmes des deux systèmes, notamment l’encodage entropique, la stéréo, ...

Les algorithmes MP3 développés sur fonds Européens et finalisés en 1992 furent ensuite publiés en 1993. Ils furent ensuite récupérés et optimisés dans les universités américaines, puis se répandirent rapidement dans l’industrie.

L’un des 4 représentants du groupe d’expert était donc Yves-François Dehéry du CCETT. Il est aujourd’hui devenu responsable du Licensing de la Propriété Industrielle pour TDF (TDF touchant de juteuses royalties sur le MP3).

Quand je passe aujourd’hui près de chez lui à Cesson Sévigné, près de Rennes, je ne peux m’empêcher de penser que Yves-François Dehéry, lui, ne fait pas qu’utiliser les lecteurs MP3, les iPod, les iTunes, télécharger des musiques MP3 ou consulter des sites comme Deezer... Lui, a conçu le MP3.

Il restera donc l’un des 4 pères fondateurs du MP3, le format qui depuis 15 ans a inondé l’ensemble de la musique planétaire (écouté même en orbite). Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité…

mercredi 28 décembre 2011

Skype, première activation de la couteuse arme de guerre de Microsoft

On s’en souvient à peine, mais au printemps dernier Microsoft a racheté Skype pour la somme mirobolante de 8,5 milliards de dollars.

En s’emparant du leader de la VoIP aux 700 millions d’inscrits, 150 millions d’utilisateurs actifs et 10 millions d’utilisateurs payants, Microsoft avait alors coupé l’herbe sous le pied à Google, Facebook et même Cisco.

Depuis, le silence est retombé… 

Mais ne nous y trompons pas, l’intégration du précieux outil est à l’œuvre chez Microsoft tant au niveau technique que marketing. Microsoft sortira son arme de guerre au moment opportun. 

Skype sera à terme couplé avec Windows 8, OutLook, Exchange, Lync. Il le sera bien sur avec Windows Phone mais aussi la X-Box.

Microsoft proposera des intégrations de Skype à Citrix ou Facebook dans une approche « Tous les ennemis de notre ennemi (Google) sont nos amis ».

Un premier coup de semonce de cette arme de guerre a été donné les jours derniers : Skype a été proposé gratuitement en accès wifi aux milliers de voyageurs des 50 plus grands aéroports Américains, en transit pour les fêtes de fin d’année.

L’accès wifi  a été offert pour tout PC, tablette ou smartphone sous Windows, MacOS ou iOS… en ignorant superbement tous les terminaux smartphones et tablettes sous Androïd de Google.

C’est la première réponse du berger à la bergère car Google avait lancé une offre similaire d'accès wifi gratuit sous navigateur Chrome, il y a un an. 

Seulement voilà, depuis un an, l’usage de Skype s’est encore élargi, le parc de terminaux Androïd a explosé, notamment pour les populations mobiles des aéroports…. Et ce premier coup de semonce de Microsoft contre Google fait bien plus mal.

A l'avenir, gageons que Microsoft réemploiera rapidement Skype pour porter de puissants coups à Google sur le poste client modernisé et communiquant.

mardi 27 décembre 2011

Microsoft pourrait-il abandonner le nom Windows et opter pour une gamme « X » ?



Les systèmes d’exploitation de Microsoft (Windows 8 sur PC et tablettes, Windows Phone et X-Box) se rapprochent de plus en plus.

L’éditeur a compris qu’il devait très rapidement unifier les contenus, notamment via un Market Store unique. 

Les identités des utilisateurs et clients seront partagées, les achats aussi, les applications et leur données… « faut voir ».

Une démarche cohérente que tente également Sony avec son PlayStation Network disponible sur PS3, PS Vita, sur tablettes Sony sous Android…. Et bientôt les TVs Sony ?

Mais allons plus loin… Microsoft ne devrait-il pas tenter carrément de changer de nom aussi pour ses systèmes d'exploitation ?

En effet, avec l’avènement des « tuiles » de Windows Phone reprises bientôt dans Windows 8… que deviendront les fenêtres (Windows) ? Parlera-t-on encore de fenêtres dans 2, 5 ou 10 ans ? En parle-ton encore aujourd'hui sous iOS, sous Android  ?

Le mot même de fenêtre fait déjà has-been... les applications phares que sont des Twitter, Facebook, Amazon, YouTube, etc… n’ont plus de lien direct avec la notion de fenêtre.

Quel nom Microsoft pourrait-il retenir ? Tout simplement un nom déjà présent à son catalogue, qui est encore synonyme de modernité et de succès....le « X » de X-Box.

Oui, le fameux « X » de X-Mens, de X-Files, de X-Ray, de X-Factor, etc… la lettre de l’innovation et du mystère.

Comme le souligne Larry Dignan dans l’article “Windows Phone handwringing: 'Best' product doesn't (won't) win”, les nouveaux Windows Phone auraient pu être nommés X-Phone. Ils auraient pu alors rencontrer plus de succès auprès de jeunes recherchant la nouveauté, la modernité, ... tout le contraire de la notion de Windows, rattaché au PC de « papa ».

Peut-être est-il encore temps pour ce un sursaut marketing, lequel n'est certes pas simple car il faut lâcher la proie pour l’ombre…. Lâcher une notoriété mondiale acquise auprès des entreprises pour un saut vers l’inconnu…. Fut-il un simple nom de marque.

mardi 20 décembre 2011

Mes conférences avec Bill GATES, il y a 10 ans

La rumeur a évoqué, la semaine dernière, un possible retour de Bill GATES aux affaires, à la tête de Microsoft. 

Personnellement, je pense qu'il manque aujourd'hui à la tête de la firme un homme jeune, dynamique, innovant et moderne. « En son temps », Bill GATES fut l'un de ceux là, mais c'était il y a plus de 20 ans.Aujourd'hui, il n'est plus le bon choix... d'ailleurs, il a décliné la proposition.

Depuis 2008, il se consacre aujourd'hui totalement à sa fondation humanitaire, et à la gestion de ses 56 milliards de dollars. Il pourrait rassurer les marchés, mais semble coupé de la jeune génération.

Par ailleurs, l'homme a de longue date quelques difficultés à passionner les foules en exprimant une vision et de nouveaux concepts. Il est en ce sens aux antipodes d'un Steve JOBS... et même d'un Steve BALLMER, son successeur à la tête de Microsoft, un véritable taureau sur scène, qui vulgarise les technologies en stupéfiant le public avec son tonitruant discours de bateleur de foire... un discours qui au moins laisse des traces et fait passer des messages.

J'ai eu l'occasion d'assister à trois conférences de Bill GATES au tournant des années 2000 (1 en France, 2 aux USA). Je dois dire que je n'ai retenu que de longs discours monocordes et soporifiques.

Deux petites anecdotes humoristiques reviennent à moi :
  • à Los-Angeles, en 2000, à l'issue de son discours sur .Net. Bill GATES s'adresse au public pour répondre aux questions. Un développeur Américain pose une question, Bill part à répondre d'une longue phrase, mais en s'éloignant du sujet. Le développeur se relève alors au milieu de la salle et coupe Bill GATES pour mieux préciser son point de vue et sa question... puis s'interrompt dans sa phrase. Il se retourne lentement face aux 5000 personnes du public (son image est projetée sur 3 grands écrans géants)... silence dans l'assemblée, mais que va-t-il dire ? Et là, notre homme sort, hilare : « Hey les gars, je viens de couper la parole à Bill GATES, quand même ! » (tonnerre d'applaudissements), sur scène Bill patiente, un peu géné. Le rôle de star lui fut volé par ce développeur anonyme.

  • à Paris, en 2001, se joue la Developers Conference organisée au Palais des Congrès à l'occasion (encore) de la sortie de .Net et Visual Studio « nouvelle génération ». Le programme de la journée est dense, une conférence de Bill GATES est prévue en fin de journée vers 17h00 (pour faire rester le public toute la journée). Mais ce ne fut pas une bonne idée.... une conférence « nationale », sur une seule journée, avec des développeurs de province levés à 5h00... fait que tout le monde part prendre sa veste au vestiaire, son métro puis son train du soir, même pendant un discours de Bill.
    Le speech a donc commencé, mais au bout de 30mn, devant le discours monocorde et l'heure avançant... un strapontin de l'amphi claque, puis 5, puis 20, puis 100, puis 200, etc...…. tous les rangs du fond se vident en quelques minutes, les uns profitant de l'occasion des autres. Bill GATES à son pupitre interrompt à chaque fois sa phrase, se demandant ce qui se passe avec ce brouhaha des derniers rangs.
  • Or, il ne s'agissait ici simplement de deux choses : 1/ de l'esprit « pratique et casanier  » des Français levés tôt, peu communs aux USA et 2/ de la lassitude de jeunes développeurs qui, déjà il y a 10 ans, n'étaient pas transportés par le charisme de l'homme.

    Espérons que pour les années à venir, Microsoft puisse se renouveler et trouver un CEO moderne et charismatique.



jeudi 15 décembre 2011

Samsung détrone l'iPhone en France


Ca y est, suite à sa percé depuis la rentrée, le Coréen Samsung détrone l'iPhone en France à l'approche des fêtes.

Cette victoire de la gamme Galaxy a été aidée par le buzz autour de la sortie du Galaxy Nexus, l' « iPhone 4S killer » aux formes courbées fonctionnant sous Android 4 « Ice Cream Sandwich ».

Les smartphones Samsung Galaxy se sont vendus à 300 millions d'exemplaires dans le monde ces 11 derniers mois (280 millions en 2010), dont récemment 10 millions du dernier Galaxy SII (ci-dessus) dont 1 million en France

Sur le marché national, depuis 1 an, l'iPhone stagne à 22% de parts de marché, alors que Samsung bondit quant à lui de 16 à 45% de parts de marché.

Noter que les sites de benchmarks confirment les performances des appareils Samsung.dont notamment le Nexus qui surclasse l'iPhone 4S sur la majorité des points.

Tout cela confirme donc bien le statut de leader du Coréen sur le marché des smartphones, il peut donc potentiellement espérer le devenir demain sur les tablettes, puis, pourquoi pas, des nouveaux terminaux d'accès au Cloud.

Plus les mois passent, plus la bataille de Microsoft s'annonce rude pour déboulonner les acteurs en place.



mardi 13 décembre 2011

Tablettes iPad et Samsung Android, quelles différences à l'usage

J'ai utilisé de manière intensive les deux tablettes iPad et Samsung Androïd au cours des mois passés, voici donc un petit retour sur l'usage quotidien des deux appareils.

Au delà des gadgets que sont les appareils photos, GPS, extensions de carte USB, ports, … j'ai ici analysé l'usage que l'on fait des systèmes, de l'ergonomie des OS, bref : l'expérience utilisateur.

Pour le look, le confort, l'intuitivité, il n'y a pas photo, l'iPad n'a pas d'équivalent. Il peut vraiment être employé de 7 à 77 ans. Les actions et les fonctions réagissent comme on l'entend, et immédiatement. L'Application Store est clair, riche et bien fourni. Toutes les applications utiles sont disponibles : jeux, loisirs, presse, finance, bureautique, ...

Alors, quels seraient les atouts d'un système Androïd ? Ne fait-il que copier (mal) les fonctions d'un iPad ? 

Mais pourquoi un tel succès, au delà du nombre d'acteurs proposant des tablettes sous cet OS ?

Voici donc mon retour suite à l'usage d'une tablette Samsung sous Android.

Pour la fluidité des actions, cela fonctionne bien sous une bonne tablette (Samsung) équipée de processeur et chipset vidéo corrects (moins bien, forcément, sur une entrée de gamme).

Certes, l'interface, les applications sont moins finies, moins stylées, … une version Androïd est soit équivalente, soit moins bien sur iPad.... elle est très, très rarement mieux faite. Ou alors c'est une application exclusive de Google.

Sous Androïd, ce qui surprend, c'est surtout l'aspect multitâches. On peut lancer plusieurs applications en même temps. C'est intéressant pour télécharger plusieurs applications tout en faisant autre chose. Mais ensuite, il faut pouvoir s'en souvenir, basculer de l'une à l'autre, reprendre ou arrêter l'une d'elles. Et là, on accède à des notions de processus en tâche de fond, que l'on doit retrouver et tuer car certains prennent du processeur sans action visible. C'est un aspect système caché, donc ce n'est pas naturel et intuitif, notamment pour les enfants ou les plus âgés. Surtout quand ces applications en tâches de fond émettent des avertissements sonores, le chemin pour les retrouver et les arrêter n'est pas évident.

Notons également qu'une application qui plante sous iOS le fait discrètement, proprement, sans bruit. Sous Android, le message d'erreur est plus cabalistique "à la Windows", avec possibilité de transférer les infos du plantage vers l'éditeur.

Forcément, sur une tablette, on utilise vite l'Application Store, sous Androïd, c'est l'Androïd Market.

Et là, je dois dire que j'ai été surpris... celui d'Androïd est plus « efficace » que celui d'Apple.

Au lieu d'accéder à une application, puis voir sa fiche, puis voir les avis, puis la télécharger.... Sous Androïd, on accède (plus rapidement) à la liste des applications recherchées. En cliquant sur une application, on accède à UNE fiche regroupant le titre de l'application, des copies d'écran, son résumé, sa notre (avec panel d'avis, comme les films sur Allociné) et les avis en bas.

Ajouté au fait que l'on peut lancer plusieurs actions, Android est donc plus rapide pour trouver et charger du contenu. La rubrique « promo » ou la « rubrique » l'avis de l'équipe permettent aussi de voir les sélections du moment. Le téléchargement et l'installation eux-mêmes semblent plus rapides.

En revanche, la visualisation des mises à jour à effectuer est ensuite moins visible.

Autre bémol connu, Steve Jobs avait longtemps bataillé pour éviter les applications scabreuses, pour les plus jeunes populations. Sous l'Androïd market cette limitation n'existe pas, attention aux plus jeunes qui voient une application enfantine côtoyer une application coquine.

Voilà. Ces quelques éléments de ressenti sur l'usage des deux types de tablettes est surement personnel, d'autres feront un constat différent.

Enfin bien sur, pour l'achat et l'équipement de tablettes, d'autres facteurs que l'usage entrent en jeu : comme les extensions et options matérielles et surtout le prix.

jeudi 8 décembre 2011

SAMSUNG contre APPLE, le combat de Titans


Ces dernières années Apple caracole toujours en tête des ventes de smartphones, puis de celles de tablettes. Personne ne semble pouvoir contrer la firme à la pomme. Des grands constructeurs abandonnent la lutte des tablettes face à l'iPad comme HP et sa TouchPad, DELL et sa Streak, Sharp et sa Galapagos. Même le challenger HTC n'obtient plus que des miettes sur les smartphone et chute de 30%.

Mais dans tout combat de Titans, un adversaire à sa taille émerge toujours : Joker face à Batman, Dark Vador face à Luke, Voldemort face à Harry Potter, Megatron face à Optimus Prime, Karpov face à Kaspararov, Charles Bronson face à Henri Fonda, etc….

Apple a trouvé dans le Coréen Samsung un adversaire à sa taille. Un adversaire qui vient (c'est une première) de gagner le dernier comparatif des tablettes pour Noël de 50 millions de consommateurs avec une note de 16/20 attribuée au dernier Galaxy Tab, contre 15/20 pour le (parfait) iPad 2.

Les deux ennemis ferraillent dans une guerre mondiale des brevets, pays par pays. Dans cette bataille Apple tente de bloquer ou freiner les sorties de smartphone et tablettes Galaxy, Samsung tente de bloquer les sorties de nouveaux iPhone / iPad. Tous les coups sont permis, même les plus absurdes comme Apple qui se déclare inventeur des produits «rectangulaires aux coins uniformément arrondis  » (nos ardoises de grand-mère l'étaient déjà, pourtant).

Par ailleurs, comme tout combat de géant, pendant la guerre, le business commun existe et continue. 
Les produits Apple ont intégré pour 8 milliards de $ de composants Samsung l'année passée. Apple a vendu 25 millions d'iPod, iPhone, iPad utilisant des technologies Samsung.

Les deux géants se retrouvent aujourd'hui au coude à coude sur les smartphones, aux US Apple iPhone 19% du marché, Samsung : 13%.

Et bien sur, comme tout super-vilain Samsung s'est allié à l'ennemi juré d'Apple : Google, qui « motorise » les appareils Samsung avec Android.
Un Google qui fait du Coréen son bras « hardware » armé face à la guerre contre Apple. Un Google ayant de plus acquis les 17 000 brevets de Motorola pour 12,5 milliards de $.

Bref, Apple et Google : deux entreprises américaines de San Fransisco, dont les sièges sont distants de 10Kms et ¼ d'heure, qui se livrent un combat mondial via le géant Coréen interposé.

Fin 2012, Microsoft renforcé des brevets de Nokia et armé de ses Windows Phone + Windows 8 Métro (PC et tablettes) tentera de rentrer lui aussi dans ce combat de Titans, mais il aura alors les deux acteurs leaders « hardware » des smartphones et tablettes contre-lui, plus bien sur Google en prime.

Cela s'avère déjà rude.

mardi 6 décembre 2011

Les PC de la dernière chance : les Ultrabooks


Intel est ses constructeurs affiliés tentent un dernier plan pour booster les ventes de PC face au tsunami des tablettes, ce plan se base sur un nouveau concept : les Ultrabooks.

Il est d’autant plus urgent de lancer ce plan que les ventes de netbooks s’effondrent, que celles des portables baissent et qu’arrivent bientôt de nouveaux portables « low-costs » sous processeurs ARM, non Intel.

Tous les constructeurs ont suivi Intel dans le plan « Ultrabook », avec quelques aides à la clé. Des modèles d’ultrabook sortent chez HP, Lenovo, Acer, Asus, Toshiba, Samsung, bientôt Dell.

Ces ultrabook partagent tous certaines caractéristiques, celles qui ont fait le succès du Mac Book Air :
  • Design ultrafin : 18 à 21mm (contre 20 à 30mm pour un portable classique)
  • Légèreté : 1 à 1,5 Kg (contre 2 Kg pour un portable classique)
  • Plus de disque dur ou de DVD-Rom, mais un disque SSD (un composant mémoire) silencieux
  • Démarrage et sortie de veille très rapides : 2 secondes
  • Processeurs Core de 2ème génération et 3ème avec le fameux Ivy, consommant jusqu’à 40% de moins, plus de ventilateur bruyant
  • Grande autonomie sur batterie, de 5 à 8 heures en marche, 30 jours en veille
  • Sécurisation par mot de passe avec condamnation distante en 3G (comme les smartphones)

Bref, tous ces atouts ont pour but de contrer les tablettes sur la simplicité, la légèreté, l’usage rapide. D'après certains, les ultrabooks pourraient représenter 45% du marché PC dans 4 ans, contre 2% cette année, 13% dans 1 an, 28% dans 2 ans. Idéalement, Intel espère basculer 40% des portables actuels vers des ultrabooks en 1 an seulement, c'est dire la vague attendue.

L’idée « pompée » sur le succès d'Apple avec le Mac Book Air (présenté par Steve JOBS il y a quand même près de... 4 ans) n’était pas mauvaise. Seulement voilà, depuis le lancement des Ultrabooks cet été, c’est déjà un demi-flop.

Quelles en sont les causes ?

1/ Le prix trop élevé. On préfère acheter un Mac Book Air original à 900$ ou un PC portable à 2 fois moins cher, voir un netbook à 3 fois moins.

2/ La rareté des disques SSD fabriqués au Japon puis en Thaïlande tous deux inondés en 2011. Ce qui a ralentit la disponibilité des ultrabooks sur le marché.

3/ L’offre devenant pléthorique (tout le monde s’y met, une annonce par semaine). D'où réflexion en attendant le meilleur matériel, au meilleur cout pour ne pas surpayer l’appareil.

Du coup, les prix initiaux de 1200$ baissent déjà pour Noël à 900$, descendront à 800$ en 2012, et à 700, voir 600$ en 2013 (si le volume escompté est au rendez-vous).

Alors, fausse bonne idée d’Intel le Plan Ultrabook ? Un champ du cygne du PC ? Nous le saurons dès 2012.

jeudi 1 décembre 2011

Guerre des tablettes, comment Microsoft peut paradoxalement contre-attaquer… et gagner, fin 2012


En cette fin d'année 2011, Microsoft semble avoir été mis au tapis en ayant raté l'explosion du marché des tablettes. 

Mais fin 2012, Microsoft pourrait paradoxalement gagner le match et remporter la mise, comme lors d'élections où le favori des sondages à une époque, s'use sous les coups, puis se retrouve dépassé et doublé près de l'arrivée (Le vieil adage du lièvre et de la tortue).

Comment ce scénario serait-il possible ? Voici les atouts de Microsoft.... et les boulets de la concurrence :


1/ La guerre fratricide des acteurs Androïd

Actuellement, tout constructeur high-tech qui se respecte sort sa tablette. Il le fait sur un marché déjà saturé. Les appareils ne se différencient pas, les prix chutent déjà vertigineusement (- 40%).

Seuls quelques-uns vont survivre à cette épreuve. Ces survivants seront :
  • ceux qui gardent des prix et des marges élevés (Apple)
  • ceux qui sont constructeurs de smartphones à succès (Samsung et Apple)
  • ceux qui gagnent de l'argent sur le contenu (Amazon et Apple).
On a déjà vu le mouvement avec HP jetant l’éponge de manière spectaculaire, tous les autres que sont RIM, HTC, LG, Dell, IBM, Motorola, Toshiba, Acer, Asus, Sony, …vont souffrir en 2012.
Fin 2012, lors de la sortie des tablettes Windows 8, bien peu seront encore en état de combattre.
Ils auront déjà été usés sur le marché Androïd hyper-concurrentiel qui ne rapporte rien, et avec la forteresse imprenable Apple en frontal.


2/ Un marché Androïd qui n'apporte pas de revenus

Les constructeurs et intégrateurs de tablettes proposent un OS Androïd certes gratuit, mais qui ne se différencie pas et surtout ne leur apporte pas de revenus.
Sans un « Application-Store maison », sans une « suite Google » packagée avec Androïd et bien rémunérée qui serait proposée en standard, ce ne sont pas les marges très faibles des matériels construits en Chine qui les font vivre. Peu d'acteurs gagneront de l'argent sur des tablettes servant au surf, surtout sans contenu à vendre dessus, et surtout si les prix sont de plus en plus tirés vers le bas.


3/ Pouvoir créer, au-delà de converser et consulter

Force est de constater que même si l'on dispose d’une tablette Androïd survitaminée ou même d’un iPad, on se retrouve vite limité en création de contenu. On emploie toujours un PC pour écrire et imprimer un texte formaté, pour construire un slide-show, pour retoucher une image ou un film, pour créer un site web ou un blog, pour gérer des données dans un tableur ou une base de données … Bref, faute d'outil locaux sur les tablettes, faute d'outils Cloud distants agiles et interactifs, les tablettes servent aujourd'hui essentiellement à converser, à consulter, non à créer.

Or si ces tablettes iPad ou Androïd veulent largement et durablement percer en entreprise, et entamer le marché du PC, elles devront couvrir plus d’usages que la simple conversation ou consultation. Sinon, elles seront contrées sur ces usages (en parts de marché) par les portables qui survivront majoritairement sous Windows 7 ou 8... et par l’arrivée de tablettes Windows 8 (on y vient) autorisant, elles, plus de création de contenu.


4/ Un Google qui perd l'opportunité d'imposer ses applications sur les tablettes

Google aurait pu tenter un coup de poker en proposant aux constructeurs des packs Androïd + une Google « Suite » à un prix cassé. Une plateforme « de rupture » permettant la consultation ET la création dans un remake PC Intel + Windows + Office.
Mais non, Google a perdu du temps avec ses ChromeBooks sous ChromeOS couplés à GoogleApps/Docs sur le Cloud, des appareils conçus pour contrer le PC…mais éloigné de l’OS vedette Androïd (et de son Application-Market). Un Androïd qui au même moment explosait tous les records et se répandait sur la planète comme rarement un OS ne l'avait fait avant lui.
Au lieu d’un remake de Windows par Google, on a eu droit à un mauvais remake d'OS/2.


5/ Un délai pour bénéficier des avancées technologiques et d'un retour en terme d'usage

Fin 2012, 1 an ½ de tablettes auront fait évoluer les technologies (écran, batteries, chipsets vidéo, stockage, ….). Microsoft bénéficiera alors qu'une deuxième génération de tablettes qui pointera juste le bout de son nez. S'appuyer sur cette nouvelle génération de tablettes pour une contre-attaque sera judicieux.
Durant ce délai, il y aura des utilisateurs déçus d'Androïd. Or, on le sait, le marché des tablettes est comme celui des smartphones : très volatil. Les cycles de remplacement sont deux à trois fois plus courts que celui des PCs.
Enfin, ce délai d'un an peut permettre à Microsoft d'étudier finement les usages afin de peaufiner son interface Métro pour Windows 8, et ainsi mieux l'adapter aux usages particulier des utilisateurs de tablettes.


6/ Des moyens considérables permettant de tenir une guerre

L'éditeur de Redmond tire encore une manne énorme de son parc mondial de PC (Windows + Office), en essor dans les pays émergents et de moins en moins piraté. C'est aujourd'hui le seul acteur du marché qui ne se soit pas encore lancé dans la guerre des tablettes. Il peut encore investir sur ce marché des moyens énormes, et en diriger vers les constructeurs, potentiellement déçus d'Android, ses partenaires intégrateurs, ses clients. On le sait, Microsoft peut « tenir » longtemps en challenger sur un marché en perdant de l'argent, puis finir par s'imposer petit à petit. Deux exemples : Ms Exchange face à Lotus Notes, il aura fallu presque 7-8 ans pour rattraper et dépasser le leader des messageries collaboratives. Ou encore la console X-Box que peu de personnes voyaient gagnante au départ face au maître Sony, et son dauphin Nintendo.


6/ Un large éco-système fidèle qui n'aura pas quitté Microsoft (surtout en temps de crise)

Point le plus important, Le très large éco-système Microsoft ne l'aura pas quitté d’un iota fin 2012, notamment en pleine période de crise. Cet éco-système d’éditeurs, de VARs, de SSII vit (bien) des nombreux revenus générés par les infrastructures, les licences, les services de conseil, d’intégration, de développement autour des technologies Microsoft.

Microsoft garde donc cette force de frappe business auprès des entreprises en étant épaulé par ses armées d' « affiliés Microsoft » dans le monde. Cet éco-système ne bougera que lorsqu'il existera d’autres revenus potentiels sur le marché des entreprises. Vendre des tablettes ou consulter du Web n'est aujourd’hui encore vu que comme une lubie du grand public, liée à la mode de l'iPhone, de l’iPod ou de l’iPad. Elle est très peu implantée dans le business des entreprises.

Ce large éco-système Microsoft privilégiera toujours la solution qui lui assurera avenir, revenus et pérennité, une solution de compromis qui ne révolutionne pas TOUS les modèles en même temps, préserve l'acquis, les compétences, les marges, … et la clientèle. Des tablettes Windows 8 apporteront exactement cette réponse en fin 2012. Elles s’intégreront parfaitement au SI des entreprises, seront une extension de leurs parcs, de leurs systèmes, de leurs applications.

* * *

Bref, Microsoft regarde aujourd’hui de loin la bataille des tablettes qui fait rage, compte déjà les morts et pourrait donc fondre dans un an sur les combattants affaiblis pour ré-établir sa loi, celle de la raison.

Ce scénario pourra d’autant plus devenir plausible si, fin 2012, les smartphones Windows ont commencé à percer avec l’appui de Nokia. Ils pourraient alors avoir aidé à démocratiser la nouvelle interface utilisateur Métro « à tuiles ». Une interface qui se présenterait alors comme l'une des rares alternative moderne à celles d’iOS et Android qui sont, elles, relativement semblables.

mardi 29 novembre 2011

La guerre des nains Linux : destitution du roi Ubuntu et sacre de Mint, quelles conséquences


En 2005, le roi des Linux était Ubuntu, de Canonical (avec ses 11% de pdm). Il régnait alors sans faille sur des prétendants ne lui arrivant qu'à la cheville avec 0 à 5% de pdm.

En cette fin 2011, Ubuntu est renvoyé au bas de tableau derrière ses concurrents. Depuis un an, le nouveau maitre incontesté est Mint (inconnu en 2005). Les distributions Fedora, Debian et SUSE se partageant toujours le reste des miettes du gateau.

Quel est la raison de ce rapide coup d'état de Mint et cette destitution d'Ubuntu ?

Elle est à la mesure du « marché » Linux : Ubuntu croyait devenir grand public en proposant une interface originale et moderne : Unity, laquelle a fait un flop.
Ubuntu aura peut être oublié la communauté Linux qui (comme le parti des verts :-) préfèrent une assemblée fermée de nains hétéroclites gardiens du temple et du dogme, .... plutôt que l'accès au pouvoir, au rang d'acteur de masse sur les postes de travail grand public, mais un plan lancé par un seul.
D'autant que Unity n'était pas exempt de défauts (outils orientés utilisateur « développeur », lenteur de parution des mises à jours, perte de données lors de celles-ci, …).
Mint en a profité et s'est donc imposé, en proposant à sa petite communauté de fidèles une belle interface Gnome bien orthodoxe et même disponible sous 3 versions : v2, v3 ou version "maison".

En plébiscitant Mint, les orthodoxes du monde Linux ont privilégié la tradition à l'innovation, en fermant sans doute définitivement l'accès grand public à l'OS Linux.

Mais qui s'en soucie vraiment ? En tout cas, ce n'est plus Microsoft, car Steve Ballmer a récemment rayé officiellement Linux de la liste des grands satans à combattre. Une liste où figurent Google, Apple, … lesquels proposent terminaux de masse très diversifiés, solutions de mobilité, usage grand public et entreprise... et surtout solutions Cloud, donnant ApplicationStore, abonnements et revenus récurrents pour des années.

Par ailleurs, le monde des smartphones et des tablettes a, quant à lui, explosé. Il est certes dominé par des descendants d'Unix (iOS ou Android)... mais ce ne sont pas des Linux, loin de là.

Cette histoire nous donne plusieurs enseignements :

Linux tel qu'on le connait était destiné au PC... Or, le PC lui même vacille, un OS n'ayant que peu de miettes de PDM sur cette plateforme a encore moins d'avenir.

Unix a pour autant encore de l'avenir sur les serveurs de services ou d'application. Également sur les multiples nouveaux terminaux mobiles dont les petits OS tactiles sont ses vrais descendants.

Enfin, l'échec d'Ubuntu avec Unity doit faire réfléchir Microsoft ! 
En effet, Windows sort en 2012 une interface innovante et remaniée : Windows 8 Metro avec ses tuiles. Windows sera proposé à un public orthodoxe, habitué à un look & feel aux règles bien établies depuis 20 ans.... cela comporte, on le voit, un réel risque de rejet auprès des utilisateurs, avec pertes de marché à la clé.
Et là, Microsoft n'a pas de « plan B » à Windows 8 et Métro pour l'avenir de Windows sur un poste client modernisé et élargi.

jeudi 24 novembre 2011

Ma rencontre avec Sam TRAMIEL ou Quand la firme de jeux ATARI voulu combattre.... NeXT et Steve JOBS


Jack TRAMIEL, le père de Sam TRAMIEL, est né en Pologne en 1928. Enfant pendant la guerre, il fut transféré de son ghetto au camp d'Auschwitz, puis dans un camp de travail où son propre père trouva la mort.


En 1947, Jack TRAMIEL migre aux Etats-Unis et s'oriente vers les machines à écrire, les calculatrices naissantes puis l'informatique.
Dans les années 50 il fonde Commodore puis les puces MOS, le processeur low-cost qui démocratisera le jeu « Pong ».

Début des années 80, il crée le Commodore VIC-20 puis le Commodore 64 à l'énorme succès du à ses performances avancées et à son prix réduit.
Jack TRAMIEL rachète alors en 1984 la société ATARI à la Warner et y entraine ses anciens collaborateurs de Commodore (lesquels rachetèrent Amiga, en réaction).

Jack place alors aux avant postes d'ATARI ses fils, Garry et Sam.

Au milieu des années 80, son fils Sam TRAMIEL devient président d'ATARI.

ATARI dont le slogan est « the power without the price » crée alors le célèbre ATARI ST, dont les initiales "ST" s'entendent pour Sixteen/Thirty-two en référence à l'architecture 16/32 bits... mais qui sont aussi les initiales de Sam TRAMIEL.

L'ATARI ST est une sorte d' « Apple Macintosh du pauvre » avec son interface GEM aux icônes et souris, ses outils bureautiques, ses imprimantes Laser, ... bien avant le PC Windows (des journaux comme Libération l'emploient, des Centres de Recherche également). Jean-Michel JARRE l'emploie aussi lors de ses mégas concerts planétaires, pour ses interfaces midi commandant les claviers.

C'est aussi bien entendu un premier micro-ordinateur domestique, conçu pour les jeux sur écran ou sur TV.

A la fin des années 80, j'œuvre alors pour Non Standard Logics, société Parisienne d'ingénierie Unix – X/Windows, ayant conçu un shell icônique, un interface builder, sous l'impulsion de son dirigeant Ion FILOTTI (prof de Berkeley et maitre de conférences au Labo de Recherche en Informatique d'Orsay).

Nous vendons alors aussi des Macintosh, des ATARI ST et Mega ST aux grandes entreprises.

Et c'est alors l'événement : NSL et ATARI signent un accord pour porter les outils graphiques Unix de NSL sur le prochain ATARI TT (32 / 32 bits), le successeur surpuissant de l'ATARI ST.

L'objectif (fou) est d'en faire une sorte de « station NeXT du pauvre », contrant la machine NeXT alors désigné comme successeur du Mac, récemment créé par Steve JOBS et impressionnant le monde.

Une collaboration de 2 ans s'installe alors entre les développeurs de la R&D d'ATARI Corp aux USA et NSL en France.
Lors d'une édition d'un salon Convention Unix vers 1990, la machine est présentée en avant-première. Le président d'ATARI Sam TRAMIEL est venu et nous lui faisons une démonstration sur notre stand.

Mais le projet ne débouchera malheureusement jamais sur le marché, malgré les lourds investissements. Dès le début des années 90, ATARI se replie plus sagement sur les jeux vidéos alors que NeXT s'effondre et que le PC Windows décolle.

Pour ATARI, ce fut ensuite la sortie des consoles Lynx (tentant de contrer la GameBoy de Nintendo), puis la Jaguar déjà équipée de 64 bits.

En 1995, Sam TRAMIEL décède d'une attaque cardiaque obligeant son père à reprendre l'entreprise ATARI moribonde.

Elle est alors vendue a Hasbro, puis à Infogrammes qui a alors repris le nom d'ATARI.

Jack TRAMIEL père, lui, vit à 83 ans et vit toujours en Californie.

mercredi 23 novembre 2011

Tout être humain n'est séparé de vous que par 5 amis

En 1929, l'écrivain Hongrois Frigyes Karinthy (fan de Jules Verne) avait bâti une théorie surprenante sur le fait qu'il n'existait que 6 degrés de « lien de connaissance » (5 amis) séparant chaque humain d'un autre sur la planète.

En 1967, le psychologue américain Stanley Milgram avait démontré cette théorie sur un groupe de test de 300 personnes dans sa « théorie du petit monde ».

La théorie des 6 liens fut ensuite popularisée en 1990 par la pièce de John Guare « six degrees of separation » adaptée en film (avec Will Smith).

En 2008, une première analyse de Microsoft en démontra la réalité sur 300 millions d'utilisateurs MSN.

Une nouvelle étude a été conduite récemment par Facebook et l'Université de Milan sur les contacts déclarés dans Facebook (700 millions d'inscrits au réseau social, soit 10% des humains). Elle démontre que le nombre moyen de relations diminue d'années en années.

Le nombre de niveau entre les individus est aujourd'hui descendu à moins de 5 degrés (4,74), pour 92% des connectés. Pour les utilisateurs d'un seul pays, la moyenne peut même tomber à 3.

Cette analyse montre que les réseaux sociaux réduisent les intermédiaires en aidant les humains à nouer de nouveaux liens.

Mes 200 contacts professionnels « proches » de niveau 1 sous LinkedIn me lient par exemple à 2 000 000 de contacts de niveau 3.

mardi 22 novembre 2011

AMAZON, le fleuve géant charriant les dollars


AMAZON, le libraire du web, est devenu un géant. C'est l'un des rares acteurs qui se soit élevé récemment pour peser sur l'avenir de l'informatique au rang des Google, Apple, Microsoft, Oracle, IBM, etc...

Trop peu connu en France (sauf par ses clients nationaux), le poids et l'emprise d'AMAZON sont actuellement encore sous-estimés dans l'hexagone. Quelques données rappelées récemment par Techspot  permettent de mieux situer cette entreprise, devenu un acteur majeur du Web.

AMAZON :
  • Dispose d'un revenu de 34 milliards de dollars / an, soit un montant supérieur au PIB de la moitié des pays dans le monde (plus que la Jordanie, comme le Costa-Rica ou le Liban)
  • Est le premier e-vendeur sur le web (de loin), réalise 10% du e-commerce Nord Américain
  • Vend désormais plus de livres numériques que de livres papier
  • Réalise des opérations avec 137 millions de clients par semaine, 20 millions de clients par jour
  • Dispose d'un revenu 5 fois supérieur à E-Bay
  • La plateforme Cloud d'Amazon est aujourd'hui taillée pour héberger 82 livres pour chaque humain sur terre
Certes, en France, AMAZON ne représente encore aujourd'hui que 1% des ventes des éditeurs... mais la firme dispose déjà de 44 000 ouvrages référencés dans cette langue.

Au vu de ces chiffres, on comprend mieux la stratégie d'AMAZON :
  • vendre tous les contenus : livres, journaux, BD, films, … en achetant le maximum de droits (acquis et négociés avec le poids de son « audience »)
  • proposer à prix cassé SES appareils conçus pour la lecture des ouvrages acquis, les liseuses (Kindle) et les tablettes (Kindle Fire), 5 millions exemplaires de cette dernière se sont déjà vendus en quelques semaines. Ceci en combattant les tablettes d'accès "plus générique" comme l'iPad ou les tablettes Android
  • bientôt proposer des smartphones à prix très agressif, en entrée de gamme
  • combattre Google et Apple sur la guerre du contenu et des droits (iTunes, ...)
  • s'étendre à l'international, dans toutes les langues
  • dématérialiser l'industrie mondiale du livre
  • laminer les acteurs locaux (comme la Fnac), vassaliser les autres (comme Virgin)
  • gagner l'entreprise après le grand public

Il est donc fort à parier que 2012 voit émerger l'arrivée massive d'AMAZON dans le quotidien Français.

jeudi 17 novembre 2011

Adobe Flash, la fin d'un dinosaure...


Rendant les armes devant HTML5, Adobe a donc annoncé la fin de sa technologie Flash pour les navigateurs des smartphones. Ceci entrainera inévitablement sa mort sur les navigateurs PC.

« Feu » Steve JOBS saluera le geste.de manière posthume, lui qui a toujours combattu farouchement cette technologie en l'interdisant sur ses iPhones, iPods, iPads

Notons que la technologie Silverlight, de Microsoft, ne survivra pas elle non plus à l'arrivée de HTML5. En attendant, Microsoft se débarrasse dare-dare de Flash qui ne sera déjà plus dans IE 10.

Apple et Microsoft vont donc pouvoir enfin mieux combattre le déferlement des smartphones Androïd, dont l'un des avantages était d'exploiter Flash.

Cet événement va également donner beaucoup de travail aux géants de la vidéo en ligne que sont YouTube ou Dailymotion. Ils vont devoir adapter leurs vidéos pour HTML5 (avec les codecs qui vont bien) car aujourd'hui celles-ci se basent encore beaucoup sur Flash.

L'enjeu sera également sur les Application Stores des mobiles et tablettes, dont beaucoup d'applications utilisent aujourd'hui Flash pour leur animations et vidéos.

Mais au fait, d'où sortait cette technologie Flash ? Ce logiciel d'animation vidéo fut acheté par Adobe à Macromedia. Grâce à des scripts, Flash permis la création aisée d'animation bitmap et vectorielle tournant ensuite dans de petites machines virtuelles (flash player des navigateurs). Ainsi Flash permit la diffusion des animations et flux vidéo sur le Web.

Avec + de 10 ans de PC sous Windows XP équipés d'Internet Explorer 6, cette technologie est devenu un standard qui a « bloqué » l'innovation pendant des années.

Pire, cette technologie fut employée massivement pour diffuser des vidéos, ce qui n'était pas son but d'origine. Dans cet usage, elle fut très gourmande pour les processeurs. Il suffit de regarder un PC de 600Mhz, 600Mo Ram, avec bonne carte vidéo 3D et 128Mo Ram parfaitement rapide pour surfer en ADSL ou même pour afficher des jeux 3D.... mais dont la CPU est totalement écroulée à +120% lors de la simple lecture d'une vidéo YouTube basse définition.

Le moderne standard HTML5 va désormais contenter tout le monde, les éditeurs de navigateurs, les développeurs d'applications, et les constructeurs de smartphones et tablettes qui pourront mieux exploiter les ressources des machines. Certes, il faudra du temps pour sortir de flash, dont les développements étaient devenus connus , aisés et très diffusés.

Cependant, c'est bel et bien la fin d'une technologie propriétaire has-been qui pendant des années a répondu aux usages, mais qui a plombé lourdement les ressources de tous les appareils consommant du web.



mercredi 16 novembre 2011

Pourquoi le ChromeBook de Google est un fiasco, et quelles conséquences ?

Google pensait révolutionner le monde du PC en sortant ses ChromeBooks.
Il s'agissait d'ordinateurs portables simplifiés sans disque dur (SSD 16Go), équipés de ChromeOS, du navigateur Chrome, d'une connexion à internet haut débit mais avec toutes les données dans le nuage (images, logiciels et documents bureautiques de Google, ...).

Les ChromeBooks étaient vendus entre 400 et 450€.

Acer et Samsung avaient misés sur l'aventure. Mais après quelques mois, c'est un fiasco total avec seulement 5000 machines vendues.

Il faut dire que Google se tire une balle dans le pied en sortant un appareil équipé d'un OS simplifié (ChromeOS) en décalage complet avec « son » Android version 4 devenu ultra-populaire qui se déploie partout dans le monde sur smartphones et tablettes. Il n'y a déjà plus de place pour un nouvel OS « grand public » aux côtés de Windows 7, Windows 8, MacOS, iOS et Android.

L'OS exotique ChromeOS est l'une des principale raison du fiasco des ChromeBooks , mais il y en a bien d'autres que voici :
  • Un engin plus lourd et moins transportable qu'une tablette
  • Choix de matériel bas de gamme pour réduire les couts (écran, webcam, ...)
  • Un OS simple mais jeune, non exempt de bugs
  • Peu de périphériques, problèmes de drivers
  • Limitations pour un portable : pas de lecture de DivX sur clé USB, par exemple
  • Pas de bureau, pas de données locales exploitables sans connexion Wifi ou 3G
  • Les ennuis d'un PC (encombrement, lourdeur), sans les avantages (créer des choses localement, les imprimer aisément)
  • Devoir payer rapidement pour disposer d'un espace de stockage sur le Web

Bref, Google a tiré trop vite et raté l'occasion de proposer un nouveau périphérique en mesure de ringardiser le PC à l'heure du Cloud.
Et pourtant, l'usage d'une bureautique Google mature dans le Cloud était un avantage décisif, vis à vis d'un Microsoft largement encore lié aux PC Windows sous Office, non encore migrés vers Office 365, la version du Cloud.

Cela augure de 2 choses :

1/ Le périphérique « massif » de consommation du Cloud se doit d'être désormais aussi simple qu'une tablette. En ce sens, l'Asus eePad Transformer sous Android a bien plus de succès que le ChromeBook.

2/ Le périphérique de l'usage créatif local, interagissant avec le Cloud, mais aussi connecté aux  périphériques locaux, requiert à ce jour probablement encore de puissantes fonctions locales aisées à employer. Ceci laisse une porte ouverte à Microsoft pour contrer ici Google dans l'année à venir (par chance, Apple n'est pas sur la bureautique « de masse »).

mardi 15 novembre 2011

Le lent déclin de l'empire PC WinTel

C'était prévu (notamment ici depuis 1 an), c'est désormais confirmé : les ventes de PC reculent face aux tablettes dans les pays « industrialisés ». Cette érosion approchera les 10% sur l'année 2011 au Japon, en Europe et aux Etats-Unis.
Cette baisse se fait au détriment de nouveaux appareils permettant de consommer de l'information webisée : tablettes, smartphones, … Elle se constate surtout sur le grand public car les professionnels s'équipent encore.
Les PC « stations » disparaissent, les Netbooks aussi. Les portables tiennent bons et deviendront bientôt 3 PC sur 4 encore vendus.
Seules l'Asie (avec la Chine) et l'Amérique du Sud (avec le Brésil) s'équipent encore très fortement en PC, au vu de leur croissance et du retard de leur parc. L'équipement de ces pays émergents fait paradoxalement croitre globalement de 2,3% le parc mondial de PCs sur 2011.
Aux USA, Japon et Europe, il y a eu pourtant de fortes baisses de prix en 2011, mais les consommateurs ne suivent plus.
Au niveau mondial, des constructeurs comme DELL ou Acer s'écroulent en 2011. Seuls Asus (grand public, notamment Chine), Lenovo et HP (professionnel) surnagent.
Apple continue de croitre et devient 3ème constructeur du marché PC aux USA, 4ème en Angleterre, notamment avec le MacBookAir.
Au fil des mois, le marché des tablettes vient donc inexorablement empiéter sur celui des PCs chez les particuliers d'abord, dans les entreprises ensuite.
Il est donc devenu plus qu'urgent de réfléchir aux nouveaux usages de ces tablettes, notamment l'emploi tactile de leur interface système, des applications, de l'intégration de celles-ci aux SI des entreprises, etc...
Microsoft l'a compris et redouble ses travaux de mise au point des nouveaux usages tactiles de sa nouvelle interface Metro. Car au train ou vont les choses, Metro remplacera tôt ou tard l'usage « clavier / souris » de Windows.

vendredi 4 novembre 2011

Les enjeux de Windows 8 et 9 sur les tablettes


Windows 8 sortira sur tablettes en 2012 et la version 9 ultérieurement.

Voyons dès à présent quels seront les enjeux, les avantages et inconvénients de cet OS sur tablettes, vis à vis d'Android et d'iOS qui seront alors dominants.

Avantages :
  • Profitera de l'énorme base PC installée
  • Expérience utilisateur unique entre PC et tablettes (moins de formation et de support)
  • Proposera facilement des appareils hybrides tablette tactile + clavier + souris = nouveaux PC
  • Permettra de porter facilement les développements Windows
    • la grande masse des développeurs / bidouilleurs sont actuellement sous Windows
    • les applications devront cependant évoluer dans leur mode d'installation vers un concept d'application-store
  • Support d'un Microsoft Office (Word, Excel, PPT, OutLook, …) installé localement... mais sera-t-il encore utile alors qu'Office 365 pour le Web aura du s'implanter largement ?
  • Offira l'accès aux applications professionnelles en client « lourd » local : oracle, business objects, CRM, applications financières graphiques, … ceci sera utile :
    • si ces applications ne disposent pas déjà de client web équivalent
    • si ces applications ne sont pas déjà employées via un client Citrix, lequel permet déjà d'employer ces logiciels sur iOS et Androïd.
  • Permettra aux utilisateurs de créer bien plus de contenu local que les tablettes iOS et Androïd, essentiellement faites pour lire, consulter, consommer du web
  • Support de très nombreux périphériques issus du monde PC.... si ils s'avèrent utiles sur une tablette
  • Gestion du parc avec les outils Microsoft de management des postes (inventaire, mise à jour, gestion des configurations, télédistribution, …) si le concept d'Application-Store dans le cloud ne rebat pas les cartes
  • N'aura pas à employer l'ombrageux iTunes :-) pour se synchroniser avec un PC
Inconvénients :
  • Ne profitera pas de l'énorme base installée de smartphones iOS et Android, alors utilisés comme terminaux « de poche » consommant quotidiennement du web (Les parts de marché de Windows Phone resteront encore longtemps anecdotiques)
  • Windows souffrira d'une image d'OS « ancien », conçu pour un usage local PC « d'avant le web »
  • Ne disposera pas d'un énorme Application Store bien installé, comme iOS et Android
  • Windows dispose d'un cycle de vie qui est actuellement de 3 ans entre 2 versions, celui-ci devra être largement raccourci pour soutenir la cadence « à 1 an » des concurrents, mais alors quid des versions OS sur PC qui ne peuvent soutenir un tel rythme, à cause de leur déploiement en entreprise
  • Pas de compatibilité avec les applications Windows Phone (comme il y en existe pour Android et iOS entre tablettes et smartphones), des applications qui pourtant emploieront le même look « Métro »
  • Plus lourd en terme d'OS car plus de formats, de processus multi-tâches et surtout de drivers à supporter (là ou Apple a fortement rationalisé et en tire une simplicité d'usage garantie)
  • Internet Explorer comme navigateur de choix, celui-ci sera alors en chute d'usage
  • Cout de l'OS OEM pour les constructeurs quand Android est gratuit
  • Vulnérabilité aux virus et Malwares « historiques »
  • Moins de rétribution (probable) des développeurs sur les ventes d'applications via l'Application Store


jeudi 3 novembre 2011

Demain, les surprenants cimetières numériques, mémoire de l'humanité.


A l'occasion de cette Toussaint, il nous est autorisé d'opérer une projection sur l'avenir de nos sociétés. 
De nouveaux usages des données apparaissent afin que les données d'un défunt puissent de mieux en mieux lui survivre.
Le compte Facebook, le blog, le site web, la boite aux lettres, les tweets, les photos du parent.... sont désormais tous « archivables » dans le Cloud.
De multiples sites se développent sur ce thème comme laviedapres.com, edeneo.fr, …

Désormais, lors du décès d'une personne, il devient possible de gérer en parallèle les modalités de l'inhumation physique et celles de l'archivage numérique de sa vie.

Imaginons demain.

Le corps physique sera vite incinéré et escamoté.
La mort deviendra donc essentiellement un simple processus d'« archivage » de la vie de l'être, certes, irréversible.

Les cimetières de nos ancêtres deviendront « has-been ». Déjà, de moins en moins d'ados les visitent, les cérémonies religieuses deviennent moins fréquentées. 

Il va alors se créer dans le cloud des cimetières numériques drainant ce nouveau public, des sites cimetières composés d'allées, de tombes, de fleurs... non plus de granite et chrysanthèmes, mais faites d'animations flash ou HTML 5.

A son décès, le défunt ne montera plus au ciel, il montera dans « le nuage ».

De nouvelles cérémonies seront crées, teintées de quelques artifices religieux, si besoin.

La famille et les proches (parfois lointains) se réuniront une fois l'an autour de la « tombe numérique » de l'être cher.
La communauté se retrouvera devant le « mur » web du défunt, pour chatter, revoir les photos, les vidéos, relire le blog du disparu... et réactiver le souvenir.

Cette tombe-archive aura, bien sur, été mise en forme, embellie, édulcorée, … expurgée des propos ou des photos douteuses.

Imaginons ensuite que l'on puisse fouiller via Google dans ces cimetières numériques pour y retrouver la mémoire des êtres disparus, ceux-ci devenant alors les lieux de mémoire de l'humanité, sans frontières. Aujourd'hui, seuls quelques humains écrivent leurs mémoires, dans quelques années, cela peut devenir automatique et public.

La généalogie sera simplifiée, on pourra naviguer dans les archives de nos ancêtres. Y découvrir leurs liens familiaux, mais également leurs liens amicaux, leurs communautés. Relire leurs propos, connaître leurs hobbies, consulter leur photos, les détails de leur vie, des lieux qu'ils ont visités, retrouver des amis qui les ont connus, des années après leur décès.

La mort ne sera alors plus qu'un simple arrêt d'activité numérique. Gare aux usurpateurs, aux plagiaires. Gare aux non-connectés, le royaume des cieux ne sera pas pour eux.
Gare aussi de ne pas se faire « terminer » et archiver par son entourage, si on désire se mettre en marge de la société pour vivre sous les ponts ou dans les bois. On risque de voir publier dans le nuage sa propre vie réécrite... de son vivant.

Bienvenue dans l'ère numérique.

jeudi 27 octobre 2011

Le marché actuel des OS tablettes face aux déploiements actuels et à venir en entreprise

Les parts de marché actuelles des systèmes d’exploitation des smartphones et tablettes viennent d’être analysées, notamment par Good Technology.
Les études indiquent qu’Apple est toujours leader sur l’OS des smartphones, grâce à l’iOS de l’iPhone. Mais que iOS perd cependant quelques parts de marché, face à la croissance rapide d’une large offre concurrente sous Androïd (49 à 43% iOS contre 23 à 30% Androïd).
Pour les tablettes, l’iOS d’Apple est encore plus dominant avec la croissance toujours présente et massive de l’iPad (28%). Face à ce leadership, Androïd apparaît aujourd’hui encore anecdotique comme OS de tablettes (2%).

Certains en déduisent déjà que les tablettes Androïd ne percent pas, notamment dans les entreprises car elles ne répondraient pas autant que les iPads aux usages attendus.
Mais je pense que les tablettes Androïd n’entament par les parts de marché d’Apple… car il n’y a tout simplement pas encore de vrais usages business ou éducatif des tablettes. Je veux dire, des usages qui iraient au-delà de la simple consultation des mails, du surf web, de la lecture des actualités, des jeux, ...

Car en effet, les entreprises qui s’équipent actuellement d’iPads le font encore souvent sur l’effet de mode. Elles choisissent d’abord l’iPad pour « l’objet » : son design, sa beauté, sa simplicité d’usage. Elles offrent cet objet « de standing » au collaborateur commercial, au manager, au cadre. L’iPad d’ailleurs destiné autant à sa sphère professionnelle que personnelle.
Certaines collectivités ont également déployés des iPads pour des collèges et lycées, dans le même effet de mode. Les initiateurs de ces projets étaient souvent séduits par Apple à titre privé. Ils ont souhaité équiper les collégiens ou lycéens de leur collectivité… pour en démontrer l’avance et la modernité, parfois à des fins politiques.

Ces premiers déploiements d’iPad n’ont pas tous été des succès. Notamment parce qu’ils ont été malheureusement lancés sans de vraies réflexions sur les objectifs business ou éducatif. Les usages avaient peu de valeur ajoutée. Pire, les tablettes ont été parfois employées pour singer le PC (dessin, traitement de texte, ….).

La donne va cependant changer pour le monde des tablettes dans les mois à venir.

Certaines applications d’entreprise, comme certaines applications éducatives, seront alors vraiment webisées, cloudifiées, re-designées, et enfin réellement destinées à un usage natif sur tablettes.
En parallèle, les tablettes auront démontrées un meilleur cout de possession (TCO) comme « terminal » vis-à-vis de celui du PC, du laptop ou du netbook.

Cette baisse du TCO est déjà connue. Elle sera liée à plusieurs facteurs : 
- Fabrication en masse = réduction des couts
- Banalisation du terminal = moindre interruption de l’utilisateur en cas de panne
- Mises à jour système et sécurité simplifié = utilisateur moins perturbé
- Simplicité d’usage = formation réduite
- Allumage rapide et poids réduit = usage et nomadisme accrus, usage en tous lieux
- Moins de pièces mobiles, moins de pièces tout court = maintenance quasi nulle
- Emploi d’Androïd gratuit = suppression du cout de licence Windows OEM
- Usage des formats et médias actuels (web, son, vidéo, ….) = pérennité de l’existant
- Exploitation des données des Clouds publics et privés = haute disponibilité des accès garantie, pérennité de celles-ci

Avec cette nouvelle donne, l’effet iPad et la part de marché iOS sur tablettes diminueront, qu’on le souhaite ou non. Les tablettes Androïd perceront alors inexorablement car l’usage sera là, l’expérience en développement Web et Android sera diffusée, et enfin l’offre de tablettes Androïd sera alors plus large, customisée et bien moins chère.

Notons enfin que Microsoft entrera alors dans le jeu avec des tablettes Windows 8 (... ou 9).
Celles-ci seront moins probablement moins sexy que l’iPad (qui sera en version 3), plus chères que la pléthore de tablettes Androïd sorties en 2011-2012, qui seront alors déjà en version 2. Leur seul intérêt sera la rétro-compatibilité avec l’existant de +20 ans de Windows. Cependant, on l’a vu, la rétro-compatibilité n’a guère de sens dans le monde des tablettes ou le contenu applicatif attend encore d’être créé à partir « de zéro » pour tirer parti de l’usage et donc du meilleur TCO.

jeudi 20 octobre 2011

Mort du grand prophète de l'ancien testament


Si Steve JOBS était le Dieu de la religion des nouvelles technologies, Dennis RITCHIE décédé semaine passée à 70 ans, était surement l'un des plus grands prophètes de l'Ancien Testament.

Sa disparition a été plus discrète mais son empreinte sur l'informatique est plus grande encore que celle de Steve JOBS.

Ce diplômé d'Harvard en 1963 a créé le langage C dans les années 70. Ce langage élégant, simple et puissant est au cœur de tous les systèmes d'aujourd'hui.
Le C s'est généralisé car il a permis de rendre portable le code sur toutes sortes d'architectures et processeurs.
Dans les années 80 et 90, nous avons tous lu sa bible « le Kernigan & Ritchie ».

Ritchie fut également l'un des pères du système Unix, écrit en C au début des années 70, un système qui grâce au C est devenu ensuite portable sur toutes sortes de systèmes.

Sur les systèmes Unix ont donc été créés les DNS, Internet, les messageries SMTP, plus tard le Web, etc...

Les descendants d'Unix et de C sont aujourd'hui très nombreux : Linux, Android, MacOS, iOS, Java, C++, Android.

Tous nos téléphones iPhones et tablettes iPad, téléphones et tablettes Android, PlayStations ou même FreeBox fonctionnent aujourd'hui sous des noyaux issus d'Unix et du langage C.


Le monde informatique actuel, le monde actuel tout court, doit donc beaucoup à cet exceptionnel inventeur que fut Dennis Ritchie.

mercredi 19 octobre 2011

Les attentes de la génération « Y » vues par le gourou du Web


Au printemps dernier, le consultant Canadien Don Tapscott, spécialisé en stratégies business, a conduit une large étude sur l’identité et les attentes des jeunes de la « Y Génération » (10 000 sondés). 

Pour le situer, l'expert Don Tapscott est l’auteur des ouvrages « Growing Up Digital » en 1996, « The Digital Economy » en 1997 et enfin « Wikinomics » en 2006, livre de chevet de l’équipe de campagne de Barack Obama. 

Le constat de cette étude est que ces jeunes ne sont pas seulement capables de s’adapter aux nouvelles technologies du web, mais que leur mode de pensée est également devenu différent de celui de leurs ainés. 

Or ce mode de pensée va inévitablement s’implanter dans les entreprises et organisations. Certes, l’objectif de ces dernières n’est pas celui des « communautés d’amis philanthropiques ». Il reste celui du profit à dégager pour « l'actionnaire », ou du service efficace à assurer pour l’usager « client » mais quand même, ces deux objectifs devront d'adapter aux nouveaux mode de pensée et d'action de cette génération.. 

Les 8 critères majeurs identifiés par Don Tapscott chez les jeunes sont les suivants :

1/ Le besoin de liberté :
Pas de hiérarchie, pas d’horaire. On parle à qui ont veut, on rejoint la communauté voulue. On traite et on achète de que l’on veut. On change de tâche, de boulot en suivant ses envies.

2/ L’impatience :
On doit être le plus rapide possible pour l’échange et la communication (SMS, chat temps réel), pour la recherche d’information (Google), mais aussi dans l’accès au statut social, au rang supérieur, au bon salaire.

3/ L’esprit critique :
Reformaté suivant le web, cet esprit va conduire à comparer 100 offres sur 100 sites pour 100 produits, on va au moins cher… mais on ne sait plus analyser une idée, une pensée, un fait avéré une qualité.

4/ L’envie de s’amuser :
Le « fun » prime toujours, pour les informations, pour les sites, les vidéos, les jeux.

5/ L’intelligence collective :
L’intelligence que l’on partage est celle de la communauté des amis étendus. Le groupe, la meute, le clan est la sphère d’action pour imaginer, se projeter. Celle-ci est planétaire, disponible 24 heures sur 24 et ne dort jamais.

6/ Le gout de l’innovation :
Les technologies changent en permanence. Tous sont à la recherche de la nouveauté et zappent de plus en plus vite entre des outils hier adulés et aujourd’hui ringardisés en quelques semaines.

7/ La personnalisation :
Ils souhaitent personnaliser le travail et les outils. L’environnement, mais aussi le terminal, l'usage, les horaires, les objectifs de travail, … pas simple pour l'entreprise et les organisations basées sur des règles strictes.

8/ L’exigence d’intégrité :
Les entreprises et les institutions doivent présenter la plus grande transparence, la plus grande intégrité, notamment sur le social ou l’environnement.


Notons que ces traits de pensée chez cette nouvelle génération se développent dans tous les pays ou les jeunes sont connectés au web depuis plusieurs années. Cela ne concerne donc pas que les populations occidentales. On l’a récemment vu dans les révolutions arabes, par exemple.


Ces modes de pensée seront bientôt, ou sont déjà, la norme du mode de pensée et d'agir des jeunes embauchés de nos entreprises et organisations. Celles-ci vont donc devoir répondre rapidement à leurs attentes avec des outils matériels et logiciels webisés, cloudifiés, rapides, agiles, changeables, customisables et orientés groupe de travail.


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